Les Joueurs PRO

Ventu : « Avec la confiance, tout peut arriver »

Thibault Venturino, joueur de l’équipe 1 à Azur, a repris la compétition sur le circuit international en 2015. Après avoir enchaîné les futures, il rempile pour une nouvelle saison, et souhaite disputer des challengers, où la sélection est plus rude.« J’espère en disputer trois ou quatre dans l’année, parce qu’il y a plus de points et d’argent à gagner. Avec de bons joueurs, on arrive à élever son niveau de jeu, et si on a un peu de chances et qu’on se qualifie, sortir le bon match au premier tour contre un bon joueur permet d’obtenir le même nombre de points que si on avait gagné un future. Une fois lancés, avec la confiance, tout peut arriver. » 

Quel est le bilan de la saison dernière ?

Je voulais terminer aux alentours de 800 au classement ATP, en sachant que je repartais – 2/6 au classement français, sans classement ATP. Au final, je suis arrivé 950ème (il a été au mieux 940ème, NDLR). Cela reste une année positive, avec ma première finale en simple dans un future en Tunisie, et en double, une finale et trois demi-finales. Cet été, je suis allé pour la première fois aux Etats-Unis, où le niveau est très élevé avec tous les joueurs universitaires. Mais cela reste une super expérience avec de bons entraînements et des gens sympas. J’ai aimé leur enthousiasme, quand on a tendance, chez nous, à faire la tête ou à être défaitistes, quand on dit que si on ne commence pas à tel âge et si on ne suit pas le cursus imposé, on n’y arrivera pas. Mon projet n’aurait jamais pu se faire dans un gros club. Avec un club familial comme Azur, ou le petit club où j’étais sur la côte basque, quoiqu’il se passe, les gens croient en toi, ont du respect.

As-tu la sensation d’avoir progressé ?

Oui, sur plein de points. Je suis plus mature. Je fais les petites routines, les échauffements, avant chaque entraînement ou chaque match de plus en plus sérieusement, pour ne pas me blesser. Dans mon jeu, je suis beaucoup plus régulier. Quand je suis très bien, mon niveau a forcément augmenté puisque je me suis bien entraîné, mais j’ai aussi progressé sur mon jeu moyen, sur 85% du temps de l’année. Je suis plus solide, je sais qu’il y a beaucoup d’entraînement derrière, et je positive beaucoup plus dans les moments compliqués. Quand une défaite me fait mal, je mets une heure max pour l’encaisser. Dès que je ferme la porte du terrain, c’est fini. C’est agréable de ne plus se prendre la tête autant. Je sais que je vis ma passion et qu’il y a plus dur dans la vie.

Tu as intégré la saison dernière une structure d’entraînement ?

Oui, l’ASCAP, près de Montbéliard, qui appartient à PSA-Citroën. Je peux, grâce à eux, partir toute l’année en futures. Ils me remboursent deux tiers de mes frais. Une saison revient à 32 000 euros tout compris. C’est comme si j’avais trouvé un sponsor. Je vis avec ce que je gagne dans les tournois, avec les matchs par équipe, et j’ai, en plus d’Azur, trouvé un club en Allemagne, entre Sarrebruck et Luxembourg. C’est intéressant financièrement et le niveau est excellent. Cela va me permettre de financer mon été, et de rattraper les dégâts qu’il peut y avoir en début d’année.

Quels objectifs pour la saison 2016 ?

Financièrement, ça commence à être dur. Soit j’arrive à trouver un financement et je peux continuer à  jouer sur le circuit pendant quatre ans. Soit il faut que j’atteigne l’objectif d’être autour des 400 ATP. Je sais que j’en suis capable, mais il faut savoir enchaîner pour arriver à ce classement. Je veux encore améliorer les petites routines, comme les étirements, et faire attention à ce que je mange toute l’année. Je veux être plus rigoureux, et sur le terrain, ne pas lâcher mentalement. Aujourd’hui, tout le monde joue bien et est préparé physiquement. La seule chose qui différencie un jour qui est 800 d’un joueur qui est top 100, c’est la tête. A part un Benoît Paire, qui est une énigme, les top 100 sont plus efficaces dans leur manière de penser. Nous à notre niveau, on se plaint encore trop. Et je me suis rendu compte à Bercy (voir ci-contre) que lorsque les meilleurs joueurs viennent de gagner ou perdre un match, dès qu’il y a un truc qui ne marche pas, ils repartent tout de suite à l’assaut à l’entraînement.

Tu as des outils pour améliorer ton mental ?

Je me mets des petites phrases motivantes de côté, et je les relis quand je doute. Ces petits pense-bête me servent énormément.

Tu vas jouer les matchs par équipe avec Azur pour la troisième saison. Comment le vis-tu ?

Je le vis bien, c’est super cool, on est une bonne bande de potes et il y a une super ambiance au club. La première année, on a failli jouer les barrages pour monter en Nationale 1B, l’objectif nous a légèrement échappé, mais ça arrive. Même s’il y a de la tension, on joue pour ses potes, pour le club, je l’attends à chaque fois. 

Propos recueillis par Caroline Gourdin

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Thibault et son expérience de sparring partner avec les pros :

« Avec Rafa, il faut être à 200% physiquement »

Après avoir été sparring partner pour les meilleurs à Roland-Garros, Thibault a retrouvé ses joueurs favoris à l’Open de Bercy en novembre dernier : Nadal, Federer et Djokovic. « C’est toujours incroyable de jouer avec des joueurs comme ça, de discuter avec eux. On sent vraiment qu’on ne fait pas le même sport, et mon objectif avec eux est de rater le moins possible ! C’est super intéressant de voir le type d’exercices qu’ils peuvent faire avant leur match ». Voici ses impressions sur chacun d’entre eux.

Roger Federer « On a l’impression qu’il peut jouer les yeux fermés. Il a un timing tellement parfait quand il frappe la balle, c’est magique. On en parlait avec Rodolphe Gilbert, un autre sparring, qui a été dans le Top 100. Federer est le seul à frapper la balle comme ça. Au début, il joue limite en marchant. Il joue super relâché, tout est fluide. »

Rafa Nadal : « Si cela reste cool avec Federer, Nadal, lui, met une intensité tout le temps, comme personne. C’est très dur de jouer avec lui pendant 45 min, une heure. C’est pratiquement mission impossible de ne pas rater. Avec Rafa, il faut être à 200% physiquement. Enchaîner quatre entraînements avec lui sur une semaine équivaut à s’entraîner en stage pendant trois semaines. Je comprends pourquoi beaucoup ont du mal à le battre, même quand il n’est pas bien. »

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